Parler de nous ? Bien sur et en toute modestie, on y coupe pas ! Nous sommes au Québec
depuis le 11 mai 1995. L'intégration s'est bien faite et nous avons la
citoyenneté canadienne et le cœur québécois. Ah si on avait fait une vidéo pour
raconter notre histoire, la bande serait déjà bien usée.
La question souvent posée : pourquoi le Québec ? et pourquoi à St-Julien ? : le nez
?, la chance ? je crois que l'on ne sait pas encore. Une chose est sure, nous
sommes tombés en
amour de ce coin.
Quand nous avons décidé d'acheter la maison, tout est allé très vite ; des
travaux à la remise du dossier pour être sur le Gîte du passant, sans oublier la
venue de nos meubles d'Europe.
Europe dites-vous ? oui nous avons habité 20 ans en Suisse, à Lausanne. nous y avons
laissé pleins d'amis, que nous aurons un jour le plaisir de revoir de part et d'autre de la
frontière. A moins qu'ils ne viennent, dans ce cas nous leur présenterons ceux que nous
nous sommes faits ici.
Autre question qui revient : et pour l'accent ? Nos amis québécois comprendront, nous
regardons à la télévision "la Petite Vie" et depuis nous avons instauré dans
nos habitudes le Popa's Day (le jour des vidanges).
Pas trop dur l'hiver ?celui de 2007-2008 et celui des records de neige
tombée. le reste de l'année ne saurait être pas si pire, puisque on vous attend.
| Ici c'est elle la "cook".
Toujours à faire des spécialités culinaires des 4 coins du monde mais refuse de savoir
comment on fait une poutine ! par contre ses desserts..(un click sur la
photo) |
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Manque plus que la mienne.....elle se fait désirer depuis des années..
Comme me disait un ami :" la modestie est
faite pour être bousculée !", alors en toute modestie voici l'extrait
d'un texte écrit par : un-client-qui-devient-un-ami-dès-qu'il-passe-le-seuil-de-la-cuisine, pour
le soir de noël 2001
... Quittons la vallée
de la Chaudière. Une vieille légende court dans la grande région qui va de
Inverness à l’est à Ham Nord à l’ouest et de Plessisville au nord à Disraeli
au sud. Elle raconte qu’un couple égaré cherchait un gîte pour la nuit.
Première maison :
Toc ! Toc ! Toc !
–Que faites-vous
ici ?
–Nous cuisinons.
–Fuyons vite, ma
mie, ce restaurant.
Deuxième arrêt :
Toc ! Toc ! Toc !
–Que faites-vous
ici ?
–Nous préparons
des plats et prêtons des lits.
–Quittons, mon ami,
cet hôtel.
Épuisés, le destin
les porte à Saint Julien. Toc ! Toc ! Toc !
–Que faites-vous
ici ?
–Nous nourrissons
nos clients et les bordons d’amitié.
–Entrons dans cette
auberge; ces gens sont de vrais hôtes.
Après s’être
sustentés d’abondante, de bonne et de belle façon, les voyageurs gagnèrent
la chambre jouxtante et s’endormirent d’un sommeil profond et envoûtant. Au
réveil, à la sortie de la chambre qu’un esprit maléfique avait nommée
malicieusement les marmottes, ils virent dans leur ombre sur le plancher de la
cuisine naître le printemps d’une belle amitié. Ils ne se plaindront jamais
de leur sort.
Brigitte :
la vitesse faite éclair, à l’esprit aussi aiguisé que le crayon, à la mine
aussi vive que la mémoire à tout inscrire, à se souvenir de tout. Doit-elle
à la proximité de ses fourneaux de dégager tant de chaleur ? Magicienne ou démone
? Comment fait-elle ? 19h59 : vous venez la saluer dans sa cuisine vide;
20h00 pile : mille entrées plus délicates les unes que les autres
surgissent sur la table. Elle trouve même le temps de venir converser près du
foyer, le nez aux aguets, comme un thermomètre mesurant à l’arôme le degré
de la cuisson; entre le bien cuit et le trop cuit, il n’y a souvent que l’économie
de quelques mots. 20h05 : d’autres bouchées font leur entrée avant le
potage, le plat principal, les fromages et les deux desserts. Dessert : ce
mot me rappelle que nous l’avons prise en défaut à une seule occasion. Un
soir de conversation plus soutenue, la maîtresse de la maison a laissé brûler
la crème qu’elle nous a quand même servie. Miracle ! C’était tout à fait
renversant. Ivre, voilà que je la prénomme du nom de son mari : merci,
Martine. Là le lait tourne bien vite et je perds encore plus contenance. Je
suis sur le point de demander à Monsieur Brigi de calmer son épouse, quand une
providentielle gorgée de café m’empêche de dire l’irréparable. Pour me
faire pardonner, douce Brigitte. j’aurais une suggestion à vous faire :
si un jour l’idée d’abandonner votre vocation d’aubergiste vous vient, je
connais un champ d’activité dans lequel vous feriez bien vite fortune :
les forces policières. Laissez-moi vous expliquer : pour cuisiner les
brigands et les criminels, il vous suffira de préparer les mêmes plats
qu’aujourd’hui; nul doute qu’ils se mettront tous à table dans la minute
suivante; vous rendrez ainsi à la société le plus grand des services. Enjôleuse
!
Gérard :
puits de science et de lumière donnant accès à la source spirituelle qui
coule en toute chose et en chacun de nous, ce géant va dans le cosmos avec
l’inversion des nefs de cathédrale, la tête sur terre et les pieds écartés
dans les nuages comme deux antennes à l’écoute de l’univers. Le compas
dans l’œil et l’équerre à la main, l’apprenti avait entrepris son tour
de France en Suisse pour le poursuivre au Canada. Le malheureux ignorait la
force des courants qui secouent cette partie de la planète; la fièvre
tellurique s’empara de lui et mit fin à son pèlerinage. L’ancien fromager
s’adapta et ouvrit bientôt une crêperie dite de la chêvrerie ; Ragueneau
moderne, il alimentait les corps de ceux qui venaient se nourrir l’esprit dans
le théâtre d’été d’à côté. Il abandonna cette activité comme il
perdit son calme un certain soir d’été après qu’une Suissesse ait fait fi
d’un livre sacré dont il venait d’être fait mention. Le rouge de l’étendard
helvétique monta au visage de celui qui hier encore avait un coq pour emblème
et dont l’explosion imminente était sur le point souffler la bougie
scandinave qui scintillait dans la cour; heureusement suite au phénomène
instantané d’une osmose totale et à la dissolution complète du rouge, la
banderole était devenue un drapeau blanc que l’offensante s’empressa
d’agiter en un signe évident et désespéré de soumission. Encore secoué,
le compagnon va s’étendre, mais ne trouve pas le sommeil immédiatement.
Cherchant à s’assoupir, il se met à compter les nœuds d’une certaine
corde… avec succès; il dort quand il atteint le nombre phi. Chut ! Ne réveillons
pas le géant endormi. Laissons-le rêver à la beauté qu’un sage a défini
comme le pressentiment du ciel et au nombre d’or qui en reflète toute
l’harmonie.
Michel
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